LE NIGER ET L’ITALIE

Une longue tradition d’amitié et de coopération

 

Instaurée au lendemain de l’indépendance de notre pays, la coopération entre l’Italie et le Niger a connu ses années de gloire dans les années 80 avec le financement par l’Italie du célèbre Programme de Développement de l’Ader Doutchi Maggia plus connu sous le nom de projet intégré KEITA dédié à l’environnement et au développement durable, sur une durée de 25 ans à compter de 1986. Ce programme a fait de l’Italie un partenaire essentiel de la lutte contre la désertification au Niger.

Le Niger et l’Italie entretiennent d’excellentes relations d’amitié et de coopération scellées depuis la signature de l’Accord Cadre de juin 1986.

Cette coopération est aujourd’hui à un niveau satisfaisant, englobant des domaines variés, allant de la sécurité et de la lutte contre la migration clandestine, à l’éducation et la formation professionnelle en passant par l’autonomisation des femmes et la bonne gouvernance.

On constate par ailleurs la présence d’une diaspora nigérienne en Italie composée majoritairement de travailleurs migrants sans grande qualification.

En octobre 2015, la Direction Générale de l’Immigration du Ministère de l’Intérieur a dénombré 1271 personnes enregistrées comme nigériens dans toute l’Italie. Il faut reconnaître cependant que les chiffres réels sont plus élevés. Cette diaspora est pour l’heure regroupée en associations dont les deux (02) principales sont : l’Association des Nigériens Ressortissant en Italie (ARNI) et « Mundotuareg ». Ces associations s’organisent pour soutenir ses membres et initier des activités en faveur du monde rural au Niger.

Sur un plan plus général, on constate une implication plus grande de l’Italie sur le continent africain, dans le domaine sécuritaire et dans le domaine de la migration, comme en témoigne ses efforts pour inciter les autres Etats membres de l’Union Européenne  à respecter les engagements pris au Sommet de la Valette.

Lors de la Conférence ministérielle  Italie – Afrique organisée à Rome  en mai 2016, l’Italie a réitéré sa volonté à constituer un pôle de concentration médian de l’espace méditerranéen entre l’Afrique et le Proche Orient, tenant compte de son positionnement géostratégique pour faire face aux menaces à la paix et à la sécurité et aux phénomènes migratoires. A cet égard, l’Italie milite activement pour  le soutien de l’Europe et de la communauté internationale et obtenir la coopération des Etats africaines dans la lutte contre la migration illégale.

Suite à une réforme de sa politique de coopération en 2012, l’Italie a fait de l’Afrique sub-saharienne une zone de concentration prioritaire de ses interventions d’aide publique au développement.

Suivant, les principes de la Déclaration de Paris de 2005 et d’Accra de 2008, les initiatives de la coopération italienne se sont alignées sur les programmes nationaux de réduction de la pauvreté.

Depuis 2009, plus de moitié des fonds italiens affectés à la coopération bilatérale est destinée à la région sub-saharienne et concentrée sur les pays de priorité 1, parmi lesquels, le Sénégal et le Niger.

Au plan multilatéral, l’Italie focalise son aide publique au développement aux pays de priorité 2, à savoir le Burkina Faso et la Sierra Leone et aux autres pays d’intervention, le Mali, le Libéria, le Nigeria, le Cap –Vert et le Cameroun.

Des fonds substantiels sont réservés aux pays les plus stables pour des interventions dans les secteurs suivants :

− Lutte contre la désertification ;

− Protection de l’environnement ;

− Sécurité alimentaire ;

− Santé ;

− Genre et autonomisation des femmes ;

− Bonne gouvernance ;

− Education et formation professionnelle

− et infrastructures.

Au niveau de la coopération avec l’Afrique, iI convient de souligner que dans un contexte de rétrécissement général de l’aide publique au développement, de crise économique et financière, l’Italie s’est engagée dans une réforme de ses mécanismes de coopération.

 

Le département des Affaires Etrangères s’est élargi au volet coopération internationale en 2012. Une nouvelle loi (loi du 11 août 2014 sur la politique générale de la coopération internationale) est entrée en vigueur le 29 août 2014 avec pour objectif d’actualiser les mécanismes, instruments et moyens en conformité aux règles en vigueur à l’Union Européenne. Cette loi a aussi adopté la création de   l’Agence italienne pour la Coopération et le Développement, organe de gestion de cette coopération, supervisée par le Comité Interministériel pour la Coopération au Développement CICS. La programmation s’effectue de manière triennale à travers un document soumis à l’approbation des commissions parlementaires compétentes. Cette nouvelle loi réserve une part importante à la coopération décentralisée et aux communautés. L’Agence a débuté ses activités avec la sélection en mai 2016 des ONG qui interviendront dans les pays dit prioritaires pour une enveloppe de 22,5 millions d’euros. Cette enveloppe est allouée à un programme allant du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018.

 

Le Niger, au double titre de pays pauvres prioritaires et de la zone sahélienne, fait partie des Etats que l’Italie accompagne avec dynamisme pour la réalisation des objectifs de développement durable. Il convient par ailleurs de saluer le resserrement des relations avec la décision prise en octobre 2016, d’ouvrir une Ambassade de l’Italie à Niamey.